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La Métamorphose Androïde
Kafka et les robots !
2014 - France/Japon

LE metteur en scène Oriza Hirata collabore avec le professeur Ishiguro, spécialisé en robotique : ils ont mis au point un androïde « capable de tenir un rôle » (projet du Robot Theater Project de l'université d'Osaka). Application pratique à la nouvelle de Kafka…

Irène Jacob a répété sept semaines le spectacle, ensuite en tournée fin 2013 dans différentes villes de France. L'histoire de Kafka est doublement transposée. D'une part le contexte évoque une guerre « en Méditerranée », avec les problèmes économiques, sociaux et politiques à l'avenant, d'autre part l'enfant se réveille non pas sous la forme d'un insecte mais celle d'un androïde. La nouvelle identité de Grégoire Samsa, la confrontation entre l'homme et la machine et le trouble qu'elle créé sont également au cœur de la pièce : qu'est-ce qu'un homme, où commence la machine ?
Si vous avez raté le début : Grégoire ne peut pas se lever, ce matin-là. Il découvre avec stupéfaction qu'il ne peut bouger que la tête. Le restant de son corps est un androïde dont on voir clairement les pistons et les bras métalliques. Comme ses parents l'appellent pour le petit déjeuner, il gagne du temps, leur demande deux minutes et de faire venir sa sœur. Dans cette situation extraordinaire, dès les premières phrases, le ton est donné avec ces petites phrases du quotidien, avec lesquelles Hirata tisse le texte de ses pièces : « Grete, y' a Grégoire qui t"appelle ! Grete, t'aurais pas juste deux secondes; viens, j'te dis… Grégoire t'es tou ? Grégoire, tu fais quoi ? Qu'est-ce qui s'passe ? A quoi tu joues Grégoire ? Chéri, tu peux venir deux secondes ? »

Un théatre anti-spectaculaire

L'introduction d'un androïde dans un spectacle peut très vite tourner à la performance. Un écueil évité par Oriza Hirata, qui ne cherche pas là la ressemblance humaine (contrairement à ses Trois sœurs où la peau et les habits de l'androïde allaient dans le sens d'un plus grand trouble et d'une plus grande technologie). La nouvelle forme de Grégoire est comme stylisée : un corps aux mécanismes apparents et un masque blanc qui tient plus du théatre Nô que de la copie de l'humain. Cette affaire évacuée, le spectateur peut écouter ces phrases banales, observer le quotidien chahuté de cette famille encore sous le choc, puis l'apprentissage de nouvelles relations. « Je te dis que c'est moi, Grete ! » répète Grégoire. Et, plusieurs fois, il devra convaincre ses parents et sa sœur que c'est bien lui, qu'il ne fait pas « son intéressant ». Grégoire dit souvent : “je suis désolé”. Il s'excuse, continue de marteler que c'est bien lui… enfin, il lui semble : « Non, mais vous savez, moi aussi, j'ai du mal à y croire… ça, je crois que c'est moi… »
A la situation d'étrangeté des premières minutes succède le rythme lent de la pièce : chacun des nouveaux dialogues de Grégoire avec ses parents est l'occasion d'apprendre, aussi, que le monde extérieur continue à vivre : une guerre à l'étranger, des réfugiés clandestins dans la ville, la grève pour une menace de délocalisation, le père peut-être bientôt au chômage… Passé le choc de la découverte, la mère se souvient : Grégoire était leur premier enfant, ça ne s'oublie pas. L'humanité et le sens de l'humour de Grégoire sont intacts, aussi, quand il conclut : « je suis un robot, et je ne peux même pas travailler… » D'ailleurs sa mère lui fait remarquer que le simple fait de s'inquiéter de la disparition progressive des sensations humaines, telles que de faim, ou de douleur, prouve bien qu'il n'est pas un robot. Et puis une nouvelle question se pose : comment expliquer l'inexplicable à un nouveau protagoniste, le médecin qui devait s'installer dans la maison, en tant que locataire ? Un théatre en coulisses Comme Irène Jacob le soulignait lors de la rencontre au Théâtre de la Foudre le 13 novembre 2014 (voir plus bas), il se passe beaucoup de choses en coulisses, dans la Métamorphose androïde comme dans le théâtre d'Hirata, en général. La sobriété des décors et du jeu permet et soutient le travail de notre imaginaire sur tout ce qui peut bien se passer à l'extérieur de l'appartement : non seulement ce que les parents peuvent se dire (ou pas) hors champ, mais aussi tout ce monde de crise et de guerre qui nous est peu à peu révélé au fil des conversations. Rien que pour cela, la pièce vaut le détour. Si loin, si proche Cette métamorphose-là nous est à la fois proche et lointaine. Proche, parce que la situation étrange dans laquelle bascule Grégoire nous interpelle forcément et on a bien compris que l'apparence ne change rien à l'affaire : que Grégoire se transforme en insecte (comme dans le texte original de Kafka), ici en androïde ou en n'importe quoi, c'est toujours notre regard et celui des autres qui écriront la Métamorphose. Lointaine, parce qu'on n'est pas sûr d'adhérer aux propos d'un Hirata, déclarant lors de la rencontre après la représentation du 13 : « D'un point de vue purement scientifique, il n'y a aucune différence entre un robot et un être humain. Et la question qui se pose, c'est : “est-ce que nous pouvons continuer à vivre en temps qu'être humain ?” »
Même si l'on sait la part grandissante des androïdes dans notre future proche et si les techniques les plus en pointe traitent des interactions entre le vivant et la robotique, les Européens (et les Français ?) n'ont peut -être pas encore cette passion et cette confiance pour les alter ego robotiques que le metteur en scène semble apporter avec lui. D'ailleurs, les dernières questions de la rencontre ravivaient les phénomènes de rejets des androïdes et la compétition homme-robot. On frisait le hors-sujet. Quoique…

Pour conclure

On est loin de la froideur qu'on pourrait attendre d'un spectacle “avec robot”… Effectivement, La Métamorphose androïde unit la famille autour du Cas Grégoire : après l'incrédulité et la consternation, il ne s'agit plus de savoir comment cela est possible ni comment le robot fonctionne (au fait, d'où tire-t-il son énergie?), mais comment vivre maintenant, comment l'accepter et lui parler, avec sa nouvelle apparence. Un théâtre tranquille donc (voir aussi ci-dessous, compte-rendu de la rencontre de Rouen) mais qui interroge.
[am, 23/10/14 et 22/11/14]
Merci à Irène Jacob et à Pauline Arnoux pour Myra (relations presse).

Et aussi…

Irène Jacob expliquait dans une interview reprise dans la vidéo de l'AFP que « La contrainte, c'est le timing », les comédiens doivent si adapter. Quant au robot : « on voit clairement que c'est une machine, mais, parfois, il commence à répondre, il a une voix humaine, une petite expression qui nous trouble… » Elle parle d'un vertige, dû à ces allers-retours entre les moments où on ne voit là qu'une machine et ceux où l'on doute. Oriza Hirata déclare, lui, avoir voulu « créer une situation dans laquelle un robot pouvait émouvoir le public », ce qui n'est pas le cas, habituellement. Quand Irène Jacob nous a envoyé un message du Japon en octobre, c'était déjà la dernière, là-bas. La Métamorphose avait été répétée à Paris en juin puis à Tokyo début septembre 2014, puis jouée les 3 et 4 octobre au Kinosaki International Art Center et enfin à Yokohama. La comédienne parlait de la poésie d'Oriza, découverte au quotidien en répétitions et pendant les reprises. Après six semaines au Japon, pour qualifier l'auteur, elle utilise les mots humilité, intelligence et surtout émotion…
Jérôme Kircher et Irène, rencontre du 13/11/2014 à Rouen - © alain martin

Le jeudi 13 novembre au Thétre de la Foudre du Petit-Quevilly (près de Rouen) une rencontre avec lieu après le spectacle avec Oriza Hirata et les comédiens : Irène Jacob, Laetitia Spigarelli, Jérôme Kircher et Thierry Vu Huu. Extraits : Quand, pour le présenter, on définit Hirata comme « l'artisan d'un théâtre tranquille, un théâtre sans effet, assez banal, anti-spectaculaire. », il répond que « c'est plutôt que le théâtre européen qui est bavard. Je souhaite décrire la vie en utilisant nos conversations quotidiennes ; le public peut alors imaginer les choses, d'après les silences. » Le Robot Theater Project est déjà dans sa septième année. Oriza Hirata poursuit : « Les chercheurs ont toujours envie de montrer la capacité des robots. On s'intéresse alors aux technologies mais pas à l'émotion. Ils pensent que plus le robot est développé, plus il peut se comporter comme s'il avait du cœur. Mais c'est plutôt lié à ce que nous voyons et ce que nous ressentons qu'à la qualité du robot. » Irène Jacob précise pour un spectateur que « le robot procède par boucles de 3, 5 voire 8 minutes pendant lesquels il effectue ses gestes. Au départ il a été réglé en fonction du temps dont nous avions besoin pour notre jeu. Il a fallu une semaine. Maintenant, nous jouons avec ce qui a été fixé. » Autre question de la salle : « Mais cela n'oblige-t-il pas les comédiens à surveiller le minutage, n'est-ce pas stressant ? » Jérôme Kircher explique : « Au Japon, il y a un principe, c'est qu'on ne stresse jamais, quand on joue. Nous sommes entourés. Et puis, aussi, à l'intérieur de cette contrainte qui est de dire sa réplique en deux secondes et demie, ni plus ni moins, on peut s'amuser : il se passe des choses différentes tous les soirs. »
Thierry Vu Huu - © alain martin
Thierry Vu Huu confirme : « c'est comme pour un danseur ou dans la musique : on a une partition à suivre, mais c'est agréable. » Quant à Laetitia Spigarello, le robot est pour elle un partenaire comme un autre « après tout, au théâtre, on répète le même texte chaque soir. ». Lorsque l'androïde est tombé en panne, elle a appris, sur le temps.
Laetitia Spigarelli - © alain martin
Oriza Hirata a mis en scène comme d'habitude : « je ne cherche pas les indications psychologiques ou sentimentales, même avec les comédiens humains : je ne dis jamais tu le joues plus triste ou plus gai… » Il se passe beaucoup de choses en coulisse… Irène Jacob remarque encore que « dans les précédentes pièces, Oriza avait travaillé avec des robots qui avaient vraiment l'air d'homme alors que cette fois, d'entrée de jeu, c'est une machine. » Sur le jeu, elle précise : « c'est aussi un théâtre où beaucoup de choses se passent en coulisses. Au Japon, quand nous l'avons joué, je demandais aux spectateurs quel était le moment qui leur avait le plus plu. Et plusieurs personnes m'ont dit : “c'est quand le père pleure, à la fin, dans les coulisses”. Je n'étais pas sûre qu'on ait les mêmes réactions en France ! On m'a expliqué que souvent, dans les pièces d'Oriza, ça se passe effectivement dans les coulisses. Dans la Métamorphose androïde, il y a donc tout un hors champ, que l'on ressent dès le départ avec cette famille qui part. Et petit à petit, on va comprendre que dehors il y a la guerre, il y a la grève, le chômage et les réfugiés. Il y a de plus en plus de choses terribles… Et ces murs transparents commencent à ne plus avoir de hors champ. Laetitia m'a dit: “tu ne peux pas pleurer dans cette pièce, parce que si tu pleures, on pleure tout le temps.” »
Q.« La plupart du temps, dans la littérature ou au cinéma, on affronte les robots ou l'on collabore avec eux, et l'utilisation de la Métamorphose est intéressante, ici, dans le sens où l'on pointe sur ce qui peut vous arriver à vous, et que se passe-t-il quand cela arrive à quelqu'un que vous aimez, comme votre fils ? D'où est venu le choix de la Métamorphose de Kafka. Hirata a-t-il pensé à une autre œuvre ? » OH. « J'ai écrit cette œuvre en me demandant ce que serait la Métamorphose si elle était écrite aujourd'hui. Par rapport à l'original, la pièce est plus chaleureuse, il s'agit plutôt ici d'une famille. » Un robot plus interactif : ça ne m'intéresse pas ! Q. « Y a -t-il eu des tentatives de rendre le robot plus interactif, par exemple avec de l'imagerie, pour ne pas tout pré-coder avant ? » OH. « Techniquement c'est possible, mais cela ne m'intéresse pas. On me pose la question, mais, en fait, je ne comprends pas ce besoin. Le robot qui répond à votre question, vous le trouverez plutôt dans les démonstrations des musées et des expositions. » Jusqu'où ira-t-on avec les robots ? Q. « J'ai vu des reportages sur cette femme-robot au Japon, qui pleure qui exprime des sentiments quand on la touche, et cela me bouleverse intérieurement parce qu'on a beaucoup de problèmes aujourd'hui : on robotise beaucoup de choses, l'être humain aussi, au niveau médical. Jusqu'où ira-ton ? Sachant qu'on est déjà cinq milliards d'êtres humains, neuf milliards par la suite… comment va-t-on conserver la dignité de l'être humain ? Et les jeunes, et leur avenir ? Personnellement, je ne voudrais pas vivre jusqu'à 200 ans. Cela m'interpelle beaucoup… sans parler d'autres questions plus profondes par rapport à la création… » OH. « Quel est le rôle d'un artiste ? Je ne pense pas que ce soit de convaincre : ça c'est le rôle des politiques. Mon rôle, c'est de poser une question : notre société va se transformer, on ne peut l'éviter : qu'est-ce que l'on doit faire ? Je suis désolé, mais c'est vous qui devez répondre à cette question. Certains disent que le taux de chômage va augmenter à cause des robots, mais le robot est comme l'ordinateur : nous ne pourrions plus imaginer une société sans ordinateur. Certains ont perdu leur travail, c'est vrai, mais nous en avons retiré d'autres bénéfices. Ce type d'androïde peut être télécommandé. Donc, une personne handicapée qui ne peut plus sortir de sa maison peut très bien aller travailler à l'aide de cet androïde, en restant chez elle. Les robots, comme l'internet, peuvent servir les handicapés. Il faut regarder le problème en face et réfléchir. Pour cela, nous, les artistes, devons vous proposer plusieurs visions. » Un étrange questionnaire… Q. « Vous nous avez distribué un questionnaire [NDLR : un questionnaire de 4 pages très précis qui demande comment on a ressenti la ressemblance ou pas de l'androïde avec un être humain], voulez-vous rendre les robots plus humains ? Et quel est l'objectif de la pièce, dans laquelle le robot n'est pas du tout humanisé. Le faciès est neutre, on voit les mécanismes. » OH. « Notre recherche universitaire est de savoir quelles sortes d'obstacles doivent être levés si l'on veut introduire le robot dans la société humaine. Comment les hommes peuvent l'accepter ? On ne peut trouver la réponse en laboratoire. On créé plusieurs théâtres robotiques, et l'on recueille les impressions du public et l'on analyse les chiffres. Habituellement les androïdes, dans mes pièces, sont très ressemblants. Cette fois, on voit l'intérieur : il s'agit de savoir, du point de vue de la recherche, si un robot qui n'a pas d'apparence humaine peut être accepté par les hommes. Mais il faut éviter un malentendu : je suis un artiste, je pense à mes pièces de théâtre avant tout, mon rôle est de créer la meilleure œuvre possible. Q. Je n'ai pas vraiment adhéré à la pièce. J'ai en permanence cherché la métaphore, ou si l'on était dans le théâtre de l'absurde. Le seul moment qui m'a confirmé dans cette optique, c'est quand le médecin dit à la fille que ses parents sont “dérangés”. Je suis insensible au personnage du robot. Mais je vais souvent au théâtre et je sais que peut-être, demain, je verrai les choses autrement. Même Jérôme Kircher que j'ai vu dans des pièces plus classiques… » JK. « Ca veut dire que mon jeu est, du coup, différent ? » Q. « Le contexte est différent… » IJ. « Mais j'adore la façon dont Jérôme joue le papa ! Evidemment, ce n'est pas la même chose que dans le Ruy Blas, par exemple. JK. « L'improvisation n'est pas nécessaire au théâtre. Certains metteurs en scène le demandent et d'autres ne le supportent pas. Avec Patrice Chéreau, ce se serait très mal passé. Dans La Métamorphose androïde aussi, des détails changent, mais c'est subtil. » Q. « Justement, si le robot avait un peu plus d'interaction, s'il pourrait improviser ? » OH. « Il faut savoir de quel niveau d'improvisation on parle. Généralement, on appelle improvisation le fait qu'un acteur dise quelque chose qui n'est pas dans le texte original. Je trouve que cela n'est pas nécessaire. Quant aux comédiens, ils ne répètent jamais la même chose chaque soir. Il peut y avoir des décalages d'une ou deux secondes dans le jeu. C'est ce petit décalage qui peut faire resentir le côté humain. » Il faut vivre l'expérience : c'est ça la poésie… Laetitia Spigarello rebondit sur la question précédente : « je crois que c'est comme si vous disiez à propos de La Métamorphose de Kafka : “je ne crois pas qu'il soit devenu un cafard”. C'est dommage : il faut vivre l'expérience. C'est ça la poésie ou l'écriture : d'imaginer quelque chose qui va nous informer sur notre réalité, par un biais qui n'est pas réel. Bien que cette situation, se trouver face à une machine, cela va forcément nous arriver. Je suis très rétive à la technologie, aux machines : je comprends bien votre peur de ne plus avoir accès à la nature humaine. Ce travail m'a beaucoup apporté, parce qu'on a souvent un rapport de peur, comme s'ils allaient nous dépasser et anéantir l'humanité. Mais on peut accepter les choses, on prend ce chemin, la technologie est là : comment peut-on l'accepter ? » Q. « Mais n'est-ce pas une façon de se rassurer, puisque le robot est une machine et qu'il n'y a pas de danger ? » LS. « Si, on en sait jamais comment réagit la matière… Il peut y avoir une panne… » Q. « Et quand on aura plus de machine et d'ordinateur ? Et ce volcan d'Islande qui avait bloqué toutes les avions ? Ca pose des questions… » [Brouhaha dans la salle, on commente les dernières questions…] IJ. « Tout à fait, et c'est vrai qu'au Japon les habitants sont toujours sur un volcan… Dans cette pièce, c'est une catastrophe, au départ : il s'agissait de voir comment on peut ensuite recréer des liens… malgré ce "volcan", l'important ce sont les réactions, comment on peut continuer à vivre. » « Cela parle du robot, mais d'abord de nous. » La dernière remarque d'un spectateur : « Dans La Métamorphose androïde, ce sont tout de même les acteurs qui dirigent la pièce, et il y a encore beaucoup de choses à découvrir de l'action humaine liée à la machine, un phénomène inéluctable. C'est sur l'intelligence que les choses se développeront… » IJ. « Beaucoup de gens nous demandaient ce que nous ressentons en jouant avec un robot, mais la première question c'est : “qu'est-ce que cela me fait d'accepter et de jouer une pièce de Hirata, qui est un grand auteur ? Ca parle d'une transformation en robot, mais cela parle d'abord de nous… » Fin du plateau, applaudissements.
[recueillis par am, 22 et 28/11/14]
Oriza Hirata et sa traductrice - © alain martin
Le 2 décembre à Arras, une nouvelle rencontre avait lieu avec l'équipe artistique après la représentation.
[am, 23/10/14 et 20/11/14]
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La Métamorphose Androïde

Avec : Irène Jacob (la mère), Jérôme Kircher (le père), Laetitia Spigarelli (la sœur, Grete), Thierry Vu Huu (le locataire) et Repliee S1 (un androïde) Texte et mise en scène : Oriza Hirata, d’après la nouvelle de Franz Kafka Traduction : Mathieu Capel assisté de Hirotoshi Ogashiwa Assistante à la mise en scène : Yoko Nishiyama Développement des androïdes : Hiroshi Ishiguro Scénographie : Itaru Sugiyama Son : Yuta Senda Lumières : Aya Nishimoto Production et soutiens Production Agora Planning, ltd. Seinendan Theater Company / the University of Osaka / ATR Hiroshi Ishiguro Laboratory // Production déléguée Festival Automne en Normandie // Co-production Taipei Arts Festival / Centre Dramatique National de Haute-Normandie / Le TAP - Scène Nationale de Poitiers / Espace Jean Legendre, Compiègne &endash; Scène Nationale de l’Oise en préfiguration // Co-organisation Kinosaki International Arts Center, KAAT (Kanagawa Arts Theater) // avec le soutien de l’Agence des Affaires Culturelles du gouvernement du Japon / de la Japan Foundation / de l’ONDA - Office National de Diffusion Artistique / de l’Institut Français du Japon / de l’Arts Council Tokyo.…
DR
> La Métamorphose Androïde a été jouée :
  • Japon au Kinosaki International Art Center (au nord-ouest de Kyoto) les 3 et 4 octobre 2014
  • Yokohama du 9 au 13 octobre,
  • Budapest, 7 novembre
    puis en France :
  • Rouen les 12, 13 et 14 novembre
  • Poitiers les 18 et 19 novembre
  • Compiègne le 27 novembre
  • Arras les 2, 3 et 4 décembre
  • tournée au Japon été 2015 et en août en Malaisie

Le metteur en scène Oriza Hirata, né à Tokyo, est dramaturge et metteur en scène. il dirige la compagnie Seinendan. Professeur du Centre Universitaire d'Osaka et directeur artistique du Centre culturel de Fujimi. Auteur d'une trentaine de pièces, il a déjà créé en 2012 une version androïde des Trois Sœurs d'après Tchekhov. > si la vidéo ne s'ouvre pas, voir la vidéo sur site Cnet (© AFP) > La Métamorphose à Poitiers : l'article de la Nouvelle République… > La Métamorphose et ses précédents androïdes : l'article du Figaro… Plus fort que la Métamorphose, la Transcendance ! Si l'on a cité beaucoup d'exemples de précédents en littérature ou au cinéma [cf article du Figaro ci-dessus], notons que le sujet de la transformation et du changement de relations affectives qu'elles entraînent a été abordé récemment au cinéma en 2014 avec Transcendance [film de Wally Pfister avec Johnny Depp, Morgan Freeman et Rebecca Hall] : la mutation est ici volontaire mais va encore plus loin, la conscience de l'homme étant injecté dans un ordinateur, d'où il contrôle d'ailleurs des… androïdes ! La “veuve” doit y revoir sa relation avec un mari virtuel mais bien conscient et on ne peut plus interractif [il étend sa conscience sur le réseau internet]. > La Métamophose sur RFI (à réécouter) En spectacle d'ouverture d'Automne en Normandie. La Métamorphose version androide colle parfaitement au thème d'Automne en Normandie 2014 : “L'Humain e(s)t l'Artificiel”. Elle était jouée en ouverture les 12, 13 et 14 novembre au Petit-Quevilly, à proximité de Rouen. D'autres spectacles (des quatre continents) et rencontres avec les créateurs sont proposées durant ce festival, dont plusieurs mettent en scène marionnettes et automates, jouant sur « l'intensité de la présence sur scène de ces êtres factices, créatures inertes donnant l'impression trouble d'etre vivantes, engendrant fascination et frayeur »