©Severine Brigeot

Mille millièmes, une fantaisie immobilière
Qui est contre une minute de silence ?
© DR.

Mille millièmes, fantaisie immobilière
(The Landlors)
(titres de travail :
Plus petit que la vie,
Si tu veux être heureux, pends ton propriétaire)
août 2002 &endash; France - 90 min.

Réalisateur : Rémi Waterhouse
Assistant : Thomas Trefouel
Scénario : Rémi Waterhouse & Eric Vicaut
Production : Magouric, SGTI, Diaphana, M6 Films
Producteur : Daniel Wuhrmann
Distribution : Diaphana
Directeur photo. : François Catonné
Son : Alain Curvelier, Anne Le Campion, Alexandre Widmer
Montage : Marc Daquin
Avec :
Patrick Chesnais (Gérard)
Jean-Pierre Darroussin (Patrick Bertil)
Albert Delpy (Monsieur Maréchal)
Grégori Derangère (Vincent)
Suzanne Flon (Madame Chartreux)
Irène Jacob (Julie)
Luis Rego (Monsieur Da Silva)
Wladimir Yordanoff (Jean-Louis Lacroix)
Guillaume Canet (Josselin).

Dans "Mille millièmes", Irène Jacob est aux prises avec des problèmes passionnants et passionnés… de copropriétaire. Syndic, ce n'est pas de tout repos : 'faut avoir la santé, la vocation… Jean-Louis mène la réunion, défend l'approbation des comptes, tente de règler les problèmes de robinets, de loquet… et de local à poussettes !

Ainsi… Pensiez-vous qu'il suffisait de percer un plafond dans "les règles de l'art" pour obtenir l'accord de ses voisins ? Et bien non, pas si facile. Pas vrai, monsieur Bertil (Jean-Pierre Darroussin) ? Quant à Gérard (Patrick Chesnais) qui a pour projet un café des philosophes où l'on débattrait, pour commencer, de "Homosexualité et perspective dans la peinture à la Renaissance", il a du souci à se faire…
Après "Je règle mon pas…", Rémi Waterhouse nous proposerait plutôt : "Je règle mes comptes… entre voisins." Disons que c'est une comédie.
Et si le metteur en scène se défend d'avoir adopté un angle trop "entomologiste", il pose un regard minutieux -mais certainement pas "froid"- sur ces "caractères", il nous donne à entendre les dialogues mais aussi le non-dit d'une assemblée de copropriétaires. Et les acteurs qui le servent (casting évident… après coup) s'emboitent exactement dans le moule qu'il leur a préparé.
A noter : le montage entrelarde les différents moments de l'assemblée (et le repas au restaurant qui suivra) de séquences puisées dans le quotidien de l'immeuble. On constatera peut-être des à-coups dans cette mécanique, surtout à la première vision… mais comme c'est un film que vous reverrez… ne serait-ce que pour Irène Jacob !
Comédie, disais-je ? Dans cette galerie de gueules et larmes provoquent le rire. L'embarras vient pourtant lorsque le spectateur qui riait de bon cœur aux pitreries et à l'accident du gardien ("Bien fait pour lui, 'n'avait qu'à pas faire le malin!")… entend le diagnostic : perforation de l'estomac.
Il y a ainsi quelques moments forts dans "Mille millièmes, fantaisie immobilière", quand on échappe au tourbillon des soucis de copropriété pour approcher un peu mieux les personnages. Tenez, Julie, par exemple…

Bon, et Irène Jacob, dans tout cela ?

C'est à peine si on l'avait entendue : quelques saluts, un sourire, pas même une main levée durant les votes… à croire qu'elle était réservée. Seulement voilà, Valentine… euh, Julie pardon, sort de ses gonds pour une histoire de mise à la porte ; il y a des choses qu'elle n'accepte pas, et qu'elle ose soutenir dans l'arène des copropriétaires. Et elle le dit.
Une autre fois, quand il s'agit de matérialiser le vieux rêve de Jean-Louis (réunir ces mêmes voisins autour d'un déjeuner, pour "resserrer les liens") Julie s'avise d'inviter aussi le gardien de l'immeuble (Luis Rego). Elle est comme cela, Julie. (NDLR: On peut soupçonner Irène de ne pas avoir eu beaucoup à composer !)
Mais Julie a aussi une part d'ombre : un souvenir qui la pousse à regarder vers le ciel… Et là ce n'est plus tout à fait la jeune Parisienne qui tient un atelier dans la cour, c'est une femme qui "manque" de s'envoler.
Le mot de la fin ? "Qui est contre une minute de silence ?". Parce que sur fond de comédie (on riait vraiment dans la salle), le film nous pose au moins une question : que se passe t-il quand on utilise son droit de vote ?…
(am)

Etes-vous propriétaire ? Locataire ? Connaissez-vous les délices et les angoisses, les démélés des Assemblées Générales ?
Et bien, au 29 rue des Oursins, les "AG" ont du piquant, avec Jean-Louis, le syndic. Un bon prétexte à montrer différences et affinités dans ce microcosme.

Tourné en juin-juillet 2001, post-production fin 2001, sortie août 2002.


Commentaires sur le DVD

Beside Guillaume Canet and Jean-Pierre Daroussin, Irene Jacob is Julie. One of these ten or more neighbors and joint-owners, living in an old parisian building. Do you know delights and troubles in a general meeting? Spot on differences & affinities in this "microcosm". With Jean-Louis (Wladimir Yordanoff) as the managing agent.
"J'ai commencé en pensant que je jouerai des rôles assez gais (…) Et ce n'est pas facile de faire machine arrière. Récemment, pourtant, j'ai tourné une comédie avec Rémi Waterhouse. J'en avais envie parce que j'avais besoin de cette légèreté."
(cité par www.dhnet.be, octobre 2001)

"Mon personnage […] on devine derrière son sourire, une blessure indicible, peut-être un amour malheureux. Une grande solitude. Elle est en deuil d'un amoureux parti se perdre à jamais dans les neiges de l'Annapurna, elle erre en funambule sur les toits de Paris"
(DS, août 2002)

"Ca se passe dans un immeuble, mais ça pourrait aussi être un village, ou un pays…"
(émission TV "Capital"-M6, juillet 2002)

"Bon, ben maintenant on a le choix : on se comporte comme des termites ou comme des êtres humains !"
(dialogue extrait du film)



"
>>>Ils ont dit… Julie, c'est une Juste. L'injustice la révolte. […] C'est aussi un personnage qui a un ailleurs, un drame personnel…"
(Rémi Waterhouse, extrait du dossier de presse)

"Le casting est riche […] l'idée de départ originale et prometteuse […] et pourtant le deuxième film de Rémi Waterhouse ne fonctionne pas."
(Studio, juillet-aout 2002)

"[…] une réunion de copropriétaires sert de fil conducteur à une demi-douzaine de portraits acides et désenchantés, prétexte à un défilé de "gueules" sympathiques…"
(Première, juillet 2002)

Merci à Diaphana (Distribution) et Robert Schlockoff (relations presse)