Lecture et signature de “Big Bang” le 27 novembre 2019 à la librairie Albin Michel - © alain martin
“Big Bang” d'Irène Jacob
Lecture et signature du livre
2019 - Paris (France)

Irène Jacob proposait quelques lectures-signatures à l'occasion de son premier livre, Big Bang, où l'on parle beaucoup de physique quantique, des parents, de la famille, du deuil et de la naissance d'un enfant…

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Ce soir là, à la Librairie Albin Michel, Irène Jacob exprime son plaisir d’être entourée de lecteurs et d’amis : « presque une page du livre » Elle explique qu’il y a des échanges pendant deux ans avec son éditeur sur le projet : elle avait beaucoup de « formes courtes » écrites, « dispersées dans la maison », mais que l’idée de les réunir en un ouvrage lui semblait impossible.
Irène rappelle son enfance, vécue à proximité du CERN [Genève], et comment elle avait été touchée par tous ces physiciens, « la façon dont ils pouvaient parler d’un monde qui nous concerne mais qui est tellement loin », qui parlent de forces faibles, de matière cachée, qu’on puisse avoir plusieurs état en soi, être ici et ailleurs… qui vous parlent de tout cela avec un naturel incroyable, en buvant dans un gobelet en plastique, des « chevaliers du ciel et de l’infini ».
Mais ils sont aussi « confrontés à la finitude de leur propre vie ». Ainsi, son propre père est tombé malade : il y a des moments où l’on est confronté à ce qu’on ne comprend pas dans la vie. Elle a aussi été « très touchée par le fait que ces physiciens savaient ce qu’ils savaient, mais aussi ce qu’ils ne savaient pas. » Il décrivent à la précision, à la virgule près, mais il y a aussi « des moments où ils disent : ici, on ne sait plus très bien… »
« Quand j’étais petite, on avait confirmé la théorie du Big Bang », et l’on disait : « voilà, l’univers a commenté par une grande soupe ». Et les gens demandait au père d’Irène s’il pouvait leur expliquer « comment c’est, l’origine de l’univers, le Big Bang ? ». Mais « il faut donner une réponse courte, car après quelques mots comme gluon ou micro-seconde, les gens n’écoutent déjà plus. […] [tout cela] m’a beaucoup touchée. »
« J’avais envie d’écrire là-dessus, et j’avais aussi envie d’écrire sur la naissance, parce que j’avais été enceinte deux fois, et je trouvais qu’à ce moment, on se trouve aussi en connexion avec quelque chose de plus grand, de plus large. J’avais donc envie d’écrire des nouvelles sur ces moments qu’on ne peut pas décrire de façon réaliste. Je pensais que je pourrais m’adresser à mon père, qui est mort, et à cet enfant, en train de grandir dans mon ventre, comme un laboratoire de particule, comme un accélérateur. Lui aussi, il n’est pas encore là, mais il va venir bientôt, et je me disais que c’est aussi un moment où l’on est là et pas là. »
Irène Jacob propose ensuite de lire quelques pages… avec l’idée de célébrer ensemble cette sortie. Elle en lira quatre…

Comprendre comment ce langage du cosmos pouvait rejoindre celui des êtres

Le premier extrait commence le livre : « je rassemble des souvenirs de toi, papa, de ce monde de la physique quantique qui était ton métier… [etc.] »
Après un deuxième extrait sur les conversations avec son père, elle en lit un troisième concernant la naissance. Elle revient sur « ce monde extraordinaire […] la physique quantique qui observe les particules et qui essaie de comprendre les lois dans l’infiniment petit… qui rejoignent les lois de l’infiniment grand. »
Même si elle pense que les invités ont maintenant envie de boire, depuis longtemps debout, Irène Jacob s’autorise un dernier court extrait…
Jeune, elle allait écouter des conférences où elle ne comprenait pas grand-chose. Mais il s’agissait « finalement, de se rendre compte que les êtres, aussi, ont leur infini qu’on ne comprend pas, insondable. Dans ma famille, il y a eu beaucoup de dépression, et j’avais envie, quand j’entendais ces mots comme “trou noir”, “antimatière”, “matière cachée”… je comprenais que c’était certainement de cela qu’il s’agissait. Comprendre comment ce langage du cosmos pouvait rejoindre celui des êtres, leurs contradictions, leurs limites aussi. Face à l’infini de l’univers, à la finitude de la vie… » Irène a donc eu envie de faire corriger les passages écrits sur la physique quantique par un physicien. « J’ai pensé à un ami de mon père qui habite à Paris. […] j’ai pensé qu’il allait juste corriger, mais j’ai trouvé cette rencontre tellement drôle que j’ai eu envie de l’écrire, après. »
Elle lit donc le quatrième extrait : « Le physicien Bertrand Trèfle avait été, sa vie durant, un de tes fidèles amis, papa […] 5% de l’infini. […] La page est soulevée d’une audace que je n’aurais jamais osé prendre : ainsi, il n’y aurait plus de temps. Point ? Aussi simple que cela. Point. » [applaudissements]
Irène commente : « ils sont tellement précis devant tellement d’inconnues. Je crois que c’est ce qu’on essaie de faire […] J’avais envie de parler de tout ce qui nous échappe, à travers une naissance ou un deuil. Et ensuite, à travers la transmission, on reçoit la charge émotive, la charge affective des bras qui nous ont portés. Voilà. » Irène conclut, remercie ceux qui sont là, notamment Didier Eribon, dont elle lit les textes dans “Retour à Reims”… Vient l'heure de la discussion, autour d'un verre…
[am, 28/11/2019]

> Livre coup de coeur, France Bleu, 06/11/2019

> “Sur la Terre comme au Ciel”, par Bernard Pivot, JDD, 03/11/2019

> “"Je dois faire un effort constant pour toucher le sol", Le Figaro, 19/11/2019

> Irène avec Philippe Forest, RCF, 11 novembre à 11h

> Irène évoque sa madeleine : “le kouglof” sur France Culture12h, 24/11/2019 (3 minutes)

> Irène Jacob dans “Boomerang”, France Inter, 9h10, 29/11/2019, non diffusé, suite au mouvement de grève

[ Merci à Nadine Straub et Philippine Bacquart - Presse Albin Michel et à Irène Jacob pour le livre et les infos ]
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Big Bang

“roman”
France - sortie 6 novembre 2019
Auteur : Irène Jacob
Titre de travail : “L'Eclair et le Berceau”
240 pages
ISBN : 978-2-226-44270-3
Dépôt légal : novembre 2019
Editeur : Albin Michel.