Lecture et signature de “Big Bang” le 27 novembre 2019 à la librairie Albin Michel - © alain martin
“Big Bang” est paru
Entre l'éclair et le berceau…
2019 - Paris (France)

Confrontée au deuil de son père en même temps qu’elle attend son deuxième enfant en 2004-2005, Irène Jacob revient sur cette période qui lui inspire une fiction qui comporte des éléments d'inspiration autobiographique. Paru début novembre 2019 chez Albin Michel.

Fin mai 2019, Irène Jacob confiait à son éditeur le manuscrit d'un premier livre : “L’Eclair et le Berceau”. Suivit une phase de réécriture, pour une sortie à la rentrée, sous le titre définitif : “Big bang”.
Une fiction pour laquelle, elle précisait : « D’un côté c’est autobiographique, puisque tout ce que je raconte est vécu, mais d’un autre côté c’est romancé, puisque ce ne s’est pas passé exactement comme cela… ». Effectivement, le titre de travail colle au sujet : les impressions laissées par une période bien particulière de la vie de la comédienne : alors que son père mourait (Maurice Jacob, physicien quantique au CERN de Genève), elle attendait dans le même temps son deuxième enfant [NDLR : ce qui ne l’empêchait pas d’être sur scène dans les Variations Darwin, avec un costume adapté aux circonstances…]
Quelques dates et articles :

Rdv pour la signature du livre Irène Jacob, le 26 janvier 2020 à Nîmes dans le cadre du Festival de la Biographie



> Compte-rendu lecture à la Librairie Albin Michel, 27/11/2019



A découvrir aussi sur le Web :

> Livre coup de coeur, France Bleu, 06/11/2019

> “Sur la Terre comme au Ciel”, par Bernard Pivot, JDD, 03/11/2019

> “"Je dois faire un effort constant pour toucher le sol", Le Figaro, 19/11/2019

> Irène avec Philippe Forest, RCF, 11 novembre à 11h

> Irène évoque sa madeleine : “le kouglof” sur France Culture12h, 24/11/2019 (3 minutes)

> Irène Jacob dans “Boomerang”, France Inter, 9h10, 29/11/2019

> Irène Jacob sur Radio Nore-Dame, 02/12/2019

> Nouveau : fiche de lecture et extraits


Le 5 novembre, donc, on pouvait découvrir ce livre où elle parle du domaine d’exploration de son père : antimatière, trous noirs… qu’elle tente de comprendre, mais aussi de sa famille, lors de ces neuf mois bien particuliers, entre deuil et naissance…
Albin Michel promettant un « texte subtil, sensible et tendre [qui] lui permet de revenir à ces deux moments où le miracle de la vie et l’infiniment grand se mêlent. La physique, le firmament à perte de vue, le big bang, les questions de la psychanalyse mais aussi la perception du temps, la brume des souvenirs ou les images à vif, les émotions, leurs manifestations explosives, le sommeil et les rêves irisent ce récit tout à la fois bouleversant et lumineux. L’ouvrage est donc disponible chez votre libraire préféré.

Irène dans le Big-Bang !

Mais que connaissons-nous d’Irène ?

Tssss, c’est un roman, précise la couverture. Et les prénoms ont été modifiés, comme l’écrivent les journalistes au sortir d’une enquête délicate. Alors oui, le père c’est René, l’époux, c’est Matthieu : enfants, parents, grands-parents changent de prénom, mais nous suivons Irène, entre Genève et Paris, nous passons par la place Clichy et le Théâtre de Chaillot, on croise Charpak, Kieślowski et Jean-François Perret, comme dans la vie d’Irène (Jacob). Passé cette petite gymnastique cérébrale (pour ceux qui connaissent ou reconnaitront les proches), ce “Big-Bang”, sans être explosif, fourni de la matière et des trajectoires, pour mieux comprendre une certaine Irène.

Papa, maman, la physique et moi…

Dans ces pages, reviennent le plus souvent, à quasi égalité, quatre sujets : papa, maman, l’attente d’un nouvel enfant… et la physique quantique ! Le titre de ce premier opus (paru en novembre 2019) n’est donc pas usurpé puisque parler du père, c’est souvent évoquer ses recherches (mais pas que). Ici, il est aussi question de ce deuxième enfant auquel elle doit donner naissance (ce sera avant la fin du livre). Irène (Jacob) a déjà expliqué que l’ouvrage, composite de pensées notées au fil des ans, s’attache à cette période marquée par le deuil du père et la naissance de l’enfant. “L’Eclair et le Berceau”, se nommait exactement le manuscrit, jusqu’au printemps 2019. Si vous êtes habitué(e) des lectures de la comédienne, votre lecture sera peut-être accompagnée par sa voix si particulière, énonçant ces prénoms d’emprunt, ces termes de physique (quantique), les lieux chéris, les souvenirs attachants… Irène nous entraîne dans son quotidien, nous mène par la pensée, par le songe aussi : une bonne douzaine de textes courts, en italique, reproduisent les rêves d’Irène, liés à la longue rêverie lucide que pourrait être le quotidien qui leur succède…

Je est un autre (enfin, pas tout à fait)

Car la comédienne se livre, c’est sûr. Irène, nous prenant à témoin, révèle les impressions qui ponctuent sa vie, avec parfois faits et ressentis intimes ; elle éclaire ainsi un peu sa personnalité souvent qualifiée de discrète, revient à son enfance (y compris la très petite), et toujours à sa famille, centre de ce micro big-bang, avec des liens qu’on comprend forts et parfois douloureux. On retrouve au fil des pages le grand accélérateur (du CERN), les fameuses particules élémentaires, le théâtre (souvent, puisqu’il est au cœur de sa vie et qu’elle répète puis joue - jusqu’au neuvième mois de grossesse - “Les Variations Darwin” à Chaillot), la poésie (qu’elle adore, c’est sûr), le cinéma (un peu). Peut-être connaîtrons-nous ainsi 5 % d’Irène, 5 % comme l’évaluation de la part de l’univers “connu” par les physiciens ?
Lors de différentes émissions récentes, Irène Jacob a présenté son “Big-Bang” (liens ci-dessous), évoquant les livres nombreux avec lesquels elle cohabite, et pour le théâtre, ces textes qu’elle dit, joue, et qui la « traversent ». De fait, Big-Bang est un recueil de fragments tout impressionniste. A l’image de la comédienne aux propos tranquilles, aux gestes mesurés, à la voix apaisante, si Irène nous montre l’agitation des particules, les aléas, les grands moments et les drames de la/sa vie, c’est tout en douceur et en retenue.

C’est déjà la fin ? « J’arrive ! »

Tiens, c’est déjà la fin ? La dernière double page est croustillante comme un dessert léger. Comme pour (ne pas) conclure… Et si l’on a ouvert le livre sur des « J’appelle » répétés, on le referme sur un « J’arrive » impérieux (?). La pensée laisse la place à l’action. Ce livre étape, ce rassemblement de souvenirs (de particules autour d’un noyau irènien ?) ne serait-il pas, aussi, un appel à aller plus loin ? Car, au fond, Irène (Jacob) n’est pas (que) une contemplative, elle aime les nouveaux projets, les nouveaux départs. C’est tout ce qu’on lui souhaite, c’est tout ce qu’on vous encourage à faire, après cette lecture…

Au fil des pages, nous avons aimé et vous recommandons :
  • « – Qu’est-ce qu’il fait ton papa ?
    – Il cherche l’origine de l’univers.
     » : la petite Irène, sept ans, décrit l’émerveillement devant le CERN et les explications de son père sur la recherche fondamentale ;
  • « Je cours sur le trottoir, mon corps va devenir un puissant accélérateur de particules, je suis soulevée par une énergie folle et mon ventre ne tardera plus à s’arrondir comme la courbe ronde de notre Terre. » : la jeune maman retrouve le vocabulaire de la physique pour décrire son nouvel état ;
  • « J’aperçois une porte cachée dans le couloir de mon appartement. Je me demande comment j’ai pu passer si longtemps à côté de cette porte sans la voir. » : le début du premier rêve consigné d’Irène ;
  • « Comme ce chevalier tremblant [NDLR : celui des Elfes de Lecomte de l’Isle], mon grand-père aussi avait perdu son grand amour, ma grand-mère Violette, emportée par les Elfes de la mélancolie. » : Irène évoque subtilement un drame familial ;
  • « J’attends qu’elle se réveille et écoute nos souffles, les nôtres et celui du vent qui pousse dans le ciel un nuage blanc, comme dessiné par un enfant » : Irène observe sa mère qui dort…
  • « – Oui.
    — …
    – Oui.
    — …
    – Oui.
    — …
    Comment trouver des mots pour répondre à un être proche mais éloigné dans une contré obscure et lointaine ?
    » : La « conversation silencieuse » du père et de l’oncle d’Irène, atteint par une dépression ;
  • « Et toutes ces diapositives QU’ON NE REGARDE JAMAIS !!! » : un incident et, inattendue, la rage soudaine du père d’Irène éclate…
  • etc.

  • [am, 22/11/2019]
[ visuel DR © Albin Michel - merci à Nadine Straub et Philippine Bacquart - Presse Albin Michel et à Irène Jacob pour le livre et les infos ]
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Big Bang

“roman”
France - sortie 6 novembre 2019
Auteur : Irène Jacob
Titre de travail : “L'Eclair et le Berceau”
240 pages
ISBN : 978-2-226-44270-3
Dépôt légal : novembre 2019
Editeur : Albin Michel.